Appel à candidatures pour le recrutement d’un expert en
protection de la biodiversité
Pour la préparation, l’organisation et l’encadrement d’une formation
des agents des ZIC et ZICGC dans le cadre des activités liées à la
protection de la biodiversité pour le projet NaturAfrica Tridom
I. Résumé de l’action
L’initiative NaturAfrica a pour objectif de lutter contre la perte de biodiversité via un appui aux
aires protégées et à leur périphérie pour la mise en place d’une gestion durable et responsable,
qui répond à la fois aux enjeux environnementaux et économiques. Elle vise donc à renforcer
la protection de la biodiversité tout en développant des activités économiques compatibles avec
la préservation de l’environnement et qui assurent aux communautés locales et riveraines des
bénéfices à long terme. L’approche paysage, développée depuis plusieurs années par l’Union
européenne dans ses programmes de coopération, est au centre de NaturAfrica, avec une
focalisation sur la promotion de la gouvernance inter-régionale et transfrontalière pour
améliorer l’aménagement des territoires, réduire les conflits liés à la gestion et la valorisation
des ressources naturelles et favoriser l’accès à des financements liés aux services
environnementaux. La présente action répond à la composante de NaturAfrica qui cible le
paysage transfrontalier du TRIDOM.
Les produits prévus dans le cadre de la présente action répondent spécifiquement à un des
objectifs poursuivis par NaturAfrica :
- Le produit 1 s’articule autour de la gestion de la faune et du suivi écologique dans les
concessions forestières et ZIC. Il se déclinera en quatre sous-produits : (a) le
développement ou le renforcement de programmes de suivi de la faune en appui aux
concessions forestières et ZIC, (b) la mise en place d’un dispositif de suivi de la faune
à l’échelle du paysage, (c) l’amélioration des connaissances concernant les conflits
homme/faune et la proposition de solutions de gestion et (d) le développement de
connaissances sur la diversité génétique végétale du territoire et la proposition de
recommandations pour sa préservation.
- Le produit 2 vise à améliorer la collaboration à la surveillance du territoire et à la lutte
contre la criminalité faunique. Il est structuré en quatre sous-produits : (a) la réalisation
des opérations de surveillance et de protection, (b) l’apport d’une assistance juridique
pour garantir le respect des droits de l’homme (c) le renforcement de la collaboration
entre le Cameroun et le Gabon, et assister juridiquement les autorités judiciaires des
Eaux et Forêts et (d) le développement de manière pilote d’un dispositif de surveillance
communautaire.
- Le produit 3 concerne la mise en oeuvre de modèles de gestion forestière incluant
l’ensemble des parties prenantes. Il est structuré autour de quatre sous-produits : (a)
l’évolution du modèle de gestion forestière pour améliorer les revenus des communautés
locales, (b) le développement des connaissances sur les financements alternatifs, (c)
l’organisation d’activités de sensibilisation mettant l’accent sur l’importance de la
durabilité environnementale pour la viabilité du développement économique et (d) la
participation à des ateliers d’échange et de sessions de travail avec les acteurs des
paysages périphériques.
L’action est pilotée par Nature +, Noé assure la coordination des actions d’appui à la gestion
durable des Zones d’Intérêt Cynégétique (ZIC et ZICGC) du segment Cameroun. Global
Conservation, Conservation Justice sont les autres membres du consortium.
L’une des priorités de l’action est d’adopter une approche de conservation inclusive, qui
implique les acteurs privés, tels que les Zones d’intérêt Cynégétique (ZIC), les Zones d’intérêt
Cynégétique à Gestion Communautaire (ZICGC) et les Unités Forestières d’aménagement
(UFA) sur les sujets de la lutte anti-braconnage, du suivi écologique, du respect des droits
humains, de la gestion des conflits humain-faune sauvage et du partage équitable des ressources
forestières et fauniques.
II. Justification
Dans le cadre de la mise en oeuvre de l’Objectif Spécifique 2 du projet, qui vise à améliorer la
protection de la biodiversité dans les UFA, ZIC et ZICGC dans l’interzone Tridom Cameroun,
l’association Noé apporte un appui ciblé aux gestionnaires des ZICs et ZICGCs de l’interzone
pour la lutte protection de la biodiversité. Cet appui se traduit par (i) un appui matériel
équipements, (ii) la mise en place d’un cadre de collaboration entre la DDFOF-Dja et Lobo, la
coordination de l’UTO Ngoyla-Mintom et les mandataires privés et, (iii) le renforcement des
capacités des mandataires territoriaux privés, avec orientation des services déconcentrés du
MINFOF sus évoqués, notamment à travers des sessions de formation, un accompagnement
stratégique et la fourniture d’équipements adaptés. C’est dans ce cadre qu’une formation est
planifiée avec les mandataires territoriaux privés.
L’objectif général de la formation est de doter les acteurs des Zones d'Intérêt Cynégétique (ZIC)
et des Zones d'Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire (ZICGC) des compétences
nécessaires pour les opérations de surveillance, de suivi de la faune et des activités illégales
afin de mieux faciliter la mise en oeuvre des opérations réalisées par les agents du Ministère des
Forêts et de la Faune dans le paysage Tridom.
III. Tâches à accomplir par l’expert
Noé recherche un·e expert·e en formation avec une expérience avérée dans la protection de la
biodiversité dans des domaines divers liés à l’appui aux actions de protection de la faune, au
suivi écologique ou aux premiers secours à destination d’un groupe de 15 agents de terrain
employés par les acteurs privés dans le paysage d’intervention du projet (périphérie Sud de la
réserve du Dja dans la région du Sud Cameroun). Il est néanmoins possible que des écogardes
du MINFOF (au maximum 03) puissent intégrer le groupe mais cela n’affectera pas le nombre
total de 15 personnels à former.
Il est attendu du formateur (1) en amont : qu’il calibre un matériel adéquat qui sera distribué
lors des formations, définisse des modules de formation pertinents en collaboration avec le
staff Noé, appuie l’équipe locale dans le choix et la préparation du lieu de formation ; (2) lors
de la mission de formation : adapte les modules physiques à la réalité du terrain, évalue le
personnel participant, réalise les modules de formation, formule des recommandations
d’entrainement/exercices ; (3) à l’issue de la mission : produise un rapport succinct de
formation à destination des acteurs privés pour dévoiler les compétences acquises, appuie
l’équipe de Noé sur la suite de la mise en place du projet.
Plus précisément, les différents modules incontournables qui feront l’objet des formations sont
les suivants :
- Réactions face à des braconniers (rencontre fortuite, détection, accrochage, campement
vide ou occupé…),
- Les gestes de premiers secours (module à définir avec une ONG ou par le formateur),
- Sensibilisation aux droits humains,
- Législation nationale sur la protection de la Biodiversité (quelques notions simples et
essentielles),
- La légitime défense,
- Le rapport de constatation et la coordination rapide avec les services du MINFOF,
- Le compte rendu immédiat (CRI), le rapport de patrouille,
- Utilisation de la boussole et du GPS.
L’expert pourra proposer d’autres modules de formation selon les besoins qu’il identifie et les
capacités jugées pertinentes de transmettre.
Public cible de la formation :
Employés/membres de ZIC /UFA (cible : 15 personnes) : Chaque ZIC dispose d’agents de
terrain (i) chargés de faire le pistage lors des périodes de chasse, (ii) rattachés aux équipes des
agents de l’état (éco-gardes) lors des patrouilles de protection de la biodiversité et de
surveillance des activités illégales, (iii) affectés à la surveillance et la sécurisation des camps et
infrastructures des amodiataires. Ces agents peuvent intervenir en appui aux activités de
surveillance de la biodiversité, mais toujours sous la conduite et l’autorité des agents du
MINFOF, seuls habilités à mener ces opérations dans le cadre de leurs prérogatives régaliennes.
Leur implication se fait en fonction des moyens mis à disposition par les amodiataires, de la
présence ou non d’écogardes du MINFOF ou de forces militaires, et surtout des approches de
gestion adoptées par chaque opérateur privé dans les zones de chasse sous leur responsabilité.
Quelles que soient les modalités de cette collaboration, l’État demeure pleinement maître de
ses décisions, garant de l’ordre public et de l’application des lois, et seul légitime à diriger les
opérations de lutte anti-braconnage sur l’ensemble du territoire.
Côté UFA, la plupart dispose de personnels affectés à la surveillance des activités illégales et
précisément le braconnage. Le projet se propose d’améliorer leurs capacités en suivi de la
dynamique de la faune et en lutte contre les pressions subit par celle-ci. Ces UFA sont assises
sur les ZICs sus évoquées, ce qui demande un travail concerté dans l’organisation des
déploiements, d’où la nécessité de proposer la même formation tant aux agents des ZICs qu’à
ceux des UFA. Pour la circonstance, un maximum de 05 agents des UFA intégreront l’équipe
des apprenants.
IV. Livrables attendus par l’expert et calendrier
1) Liste de matériel à acquérir à partir des propositions du rapport de la mission d’expertise de
mars 2025 avec recommandations techniques à destination des participants à la formation à
fournir et à discuter avec Noé deux mois en amont de la formation ;
2) Un plan de formation détaillé par module comprenant :
- Un calendrier ;
- Des objectifs pédagogiques ;
- Des exercices pratiques ;
- Cartographie des besoins (alimentation, matériel, etc.)
- Définition de la logistique nécessaire pour l’atteinte des objectifs
3) Une évaluation succincte en cours de stage des capacités et des faiblesses des différents
participants
4) Une feuille de recommandation à destination des acteurs privés expliquant les compétences
acquises, les besoins de mobilisation / exercices pour entretenir les connaissances.
5) Un rapport de formation à visée stratégique permettant à Noé d’identifier les compétences
acquises et les appuis futurs.
6) Une liste détaillée des compétences apprises et des capacités que les participants à la
formation pourront mobiliser dans le cadre de leur travail auprès des amodiataires.
La mission doit se dérouler préférentiellement en février 2026. Les dates et les volumes seront
objets de discussion une fois le candidat retenu évalué. Il est toutefois important de noter que
le volume de travail ne devrait pas excéder 25 HJ.
V. Calendrier de paiement
- Paiement en plusieurs versements.
- Les modalités de paiements et le calendrier seront déterminés dans le contrat.
- Le premier versement sera conditionné par la remise d’un livrable (plan d’action
détaillé, modules, approche pédagogique, etc.)
VI. Profil recherché
Les compétences à mobiliser :
- Expérience avérée dans le domaine de la protection de la biodiversité et / ou le suivi de
la faune et des activités illégales ;
- Capacité à former et encadrer un effectif important, ;
- Expérience pertinente dans le domaine de la gestion et l’encadrement du personnel
afférent à la protection de la biodiversité, connaissance approfondie des réglementations
locales en matière de conservation ;
- Expérience dans la formation et la sensibilisation aux droits humains,
- Compétences en premiers secours et gestion des urgences médicales
- Maîtrise des techniques de surveillance et de patrouille ;
- Capacité à utiliser et enseigner l'utilisation de la boussole et du GPS ou autres
équipements
- Expérience dans la rédaction de rapports de patrouille et de constats
- Expérience/ connaissance en légitime défense et son enseignement
- Compétences en gestion de conflits et en intervention face à des braconniers
- Capacité à naviguer en milieu hostile.
- Connaissance de la situation géopolitique régionale complexe et des tensions inhérentes
à la zone du projet
- Capacité d’évaluer de façon efficace les capacités et compétences.
- Aptitude à se déplacer, séjourner et une maitrise du milieu forestier
- Aptitude à analyser les différents risques et difficultés en milieu forestier
VII. Processus de recrutement
Les candidatures doivent inclure les éléments suivants :
Offre Technique :
- CV de l’expert.
- Méthode proposée pour la réalisation de la formation (dont détails des modules et des
grands apprentissages pour les participants, pédagogie / exercices)
- Au moins 02 références de formations dispensées par le passé
Il est essentiel que les candidats explicitent tout l’équipement qu’ils jugent nécessaire à la
réalisation de la formation.
Offre Financière :
- Devis détaillé des coûts associés à la mission.
L’offre financière devra inclure les frais de consultance (honoraires) et de prise en charge du
prestataire (transport, logements, nourriture). Le projet se chargera de mobiliser le matériel de
formation et sera responsable de couvrir les besoins en commodités pratiques jugées utiles
pendant les formations.
L’offre sélectionnée sera la mieux-disante, sur la base de la qualité de l’offre technique et de
son coût (pondération).
Critère d’attribution :
Règle de nationalité : les soumissionnaires doivent indiquer dans leur offre leur nationalité :
Pour les personnes physiques (experts indépendants) : préciser le pays dont ils sont
ressortissants, et fournir les pièces justificatives appropriées (passeport, carte
nationale d’identité, etc.).
Pour les personnes morales (entreprises) : préciser le pays dans lequel elles sont
effectivement établies, conformément aux règles applicables, et fournir les preuves
d’enregistrement légal (registre du commerce, certificat d’incorporation, etc.)."
Critère d’attribution : moins disant financier et mieux disant technique.
Construction de la note technique :
CV de l’expert. 30
Détails des modules 20
Cohérence avec la cible 20
Pédagogie et exercices proposés 20
Au moins 2 références de formations
dispensées par le passé.
10
Total 100
À l’issue de l’évaluation technique, les offres financières des soumissionnaires qui n’ont pas
été éliminés (c’est-à-dire qui ont obtenu une note moyenne égale ou supérieure à 75 points) sont
ouvertes.
Le calcul de l’offre économiquement la plus avantageuse résulte d’une pondération de la qualité
technique et du prix selon une clef de répartition 80/20. Autrement dit :
- les notes attribuées aux offres techniques sont multipliées par 0,80 ;
- les notes attribuées aux offres financières sont multipliées par 0,20.
L’absence de l’offre technique ou financière entrainera une disqualification du candidat.
Modalités de soumission : les offres techniques et financières doivent être soumises par email
à administration.cameroun@noe.org avant la date limite de soumission en précisant en objet
CMR/TRIDOM/2025/EPB
L’analyse des offres aura lieu la semaine du aussitôt la réception des candidatures bouclée et
des retours seront transmis aux candidats dès la mi-janvier. Les offres restent valables pour une
durée de 2 mois après la date limite de soumission.
Date de soumission : le 13/01/2026
Contact : Pour toute question ou clarification, veuillez écrire à l’adresse susmentionnée.
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