Qualité, hygiène, sécurité et environnement : 8000 emplois en perspective

Les acteurs du secteur comptent faire un plaidoyer auprès de l’Etat pour atteindre cette barre.

Plus de 8000 emplois. Selon les estimations faites par le cabinet Go Ahead Africa et des experts du secteur, c’est le coup d’accélérateur que peut donner la QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement) au marché du travail au Cameroun. Pour réaliser cette perspective, ils comptent sur l’implication de l’Etat, notamment du législateur, afin de voter un texte de loi qui obligerait tous les types d’entreprises à recruter un expert qualité. « Avec la QHSE, les entreprises gagnent car elles sont plus performantes. Et c’est notre économie qui se portera mieux. Il est donc question qu’au niveau de l’Etat, il y ait des mesures incitatives, que les facilités soient prises pour l’application de la démarche QHSE.», explique Roland Kwemain, le patron de Go Ahead Africa.
D’où l’invitation, lors de la 2e édition du forum national QHSE au Gicam à Douala en fin avril 2017, adressée à l’Honorable Marlyse Douala Bell, députée à l’Assemblée nationale du Cameroun. Intéressée par le projet, elle a promis de porter le plaidoyer des acteurs de la QHSE dans l’hémicycle. Dans le même temps, afin que les entreprises puissent être prêtes à accueillir ces experts, elles doivent répondre aux exigences de la certification, sauf que cela a un coût. Et le forum, avec cinq experts venus de France, dont Claire de Mazières (venue de Paris), directrice de l’ESQSE (l’Ecole Supérieure pour la Qualité, l’Environnement et la sécurité dans l’Entreprise), une institution de l’Université Catholique de Lyon.
Elle rappelle l’importance d’un forum QHSE dans un environnement comme le Cameroun : « Aujourd’hui, le monde connecté dans lequel nous vivons permet une diversité de ressources exceptionnelle qui peut permettre d’acquérir ces compétences. Le fait de pouvoir assister à des enregistrements, des formations en ligne, des e-learning, etc. ça peut booster le développement de l’entreprise et les compétences de l’ensemble des salariés. » L’autre solution pour être à la pointe de la QHSE à moindre coût est de former et recruter des experts locaux. D’où la présence de plusieurs étudiants au forum.

(c) Cameroon Tribune – Rita DIBA

Emplois : les débouchés du chemin de fer

Des jeunes pourront se former aux métiers ferroviaires à la faveur d’une convention entre Camrail et le centre de formation De la Salle.

Maintenance du matériel (matériel moteur et remorqué), des installations fixes (voie et infrastructures, logistique), des systèmes d’information (signalisation) et du transport (trafic et traction). Ce sont là quelques métiers ferroviaires dont pourront bénéficier des diplômés de l’enseignement technique titulaires du CAP, du DUT et du BACC dans les installations du collège de La salle. Ceci à la faveur d’une convention de partenariat signée le 10 mai 2017 à Douala entre la compagnie des chemins de fer Camrail et le Centre de formation professionnelle et continue De la Salle (Cfpc-Dsl), une œuvre de l’ordre religieux des Frères des écoles chrétiennes.
Une convention d’une durée renouvelable de deux ans, pour la formation et l’insertion socio-professionnelle des jeunes Camerounais, dont les axes de travail ont été identifiés il y a un an par les deux parties, selon le frère Emmanuel Mboua, directeur de l’Ecole supérieure technique La Salle. Il s’agira donc à travers le partenariat de former environ une soixantaine de jeunes par an aux métiers spécifiques de l’industrie ferroviaire. Cette nécessité en ressources humaines de qualité s’inscrit dans un contexte général où le Plan directeur ferroviaire national, adopté en 2012 par l’Etat du Cameroun et d’un coût prévisionnel de 15 000 milliards de F, est en train de se mettre en place, avec en perspective l’extension d’une voie ferrée nationale dont la capacité actuelle est d’un peu plus de 1000km, mais surtout la création à moyen terme de plus de 250 000 emplois directs et indirects.
Dans un contexte plus particulier, l’accord signé le 10 mai dernier s’inscrit dans un cadre précis de renouvellement des ressources humaines et de recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée, selon Didier Vandenbon, directeur général de Camrail : « Il y a une dégénérescence des compétences actuellement. Dans les années à venir, nous aurons en moyenne 120 départs à la retraite par an. Ça représente 30% du personnel. Donc, nous avons de réels besoins. »

Réactions

« Nous encourageons l’employabilité des diplômés »

Wanki Evelyne Ngum, inspecteur régional des formations, Minefop Littoral.

« Nous apprécions particulièrement ce partenariat parce qu’aujourd’hui, de plus en plus, il devient très difficile pour de nombreux jeunes Camerounais de trouver du travail. Et à travers cette convention, le centre de formation professionnelle et continue La Salle va former la jeunesse de notre pays qui va directement être employée à Camrail. Le gouvernement camerounais, à travers le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, milite et travaille pour l’employabilité des jeunes diplômés. Et il faut préciser que ce partenariat ne va pas seulement aider ceux qui vont trouver du travail, mais aussi leurs proches. Parce que nous savons qu’au Cameroun, quand une personne trouve un emploi, ce sont dix bouches qui sont nourries. »

« 99,9% de chances d’avoir un emploi »

Frère Emmanuel Mboua, directeur de l’Ecole supérieure technique La Salle.

« Nous avons l’habitude d’ouvrir, de relever et de diversifier nos formations. L’offre de Camrail entre dans cette dynamique, car elle nous permet de diversifier nos offres auprès de la jeunesse. Et l’avantage de cette convention, c’est que nous allons former des gens qui vont directement intégrer le monde de l’emploi avec leur savoir. C’est cela qu’on appelle l’adéquation entre la formation et les réalités du marché. C’est une formation spécifique à une entreprise. Donc ceux qui seront retenus pour la formation auront déjà 99,9% de chances de s’insérer dans le marché du travail. Cela augure donc d’un avenir meilleur pour une jeunesse en quête d’emploi. »
Propos recueillis par RD

(c) Cameroon Tribune – Rita DIBA

Emplois jeunes : 100 PME aux petits soins

Encadrées par le ministère en charge de la jeunesse, elles vont intégrer divers programmes et bénéficier d’appuis

Elles sont une centaine de petites et moyennes entreprises (Pme), incubées par le  Programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine (Pajer-U) à travers le ministère de la Jeunesse et de l’Education civique (Minjec) et ayant été retenues pour la migration vers une organisation plus importante. Notamment l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (Apme) où elles seront intégrées dans divers programmes. C’est l’un des temps forts de la triple cérémonie de clôture des journées portes ouvertes des centres multifonctionnel de promotion des jeunes (CMPJ), de remise des kits d’installation aux jeunes en fin de séjour dans les CMPJ et de transfert de 100 PME incubées par le Pajer-U à l’Apme qui a eu lieu hier à Yaoundé.
Pour le Minjec, Mounouna Foutsou, qui présidait cette triple cérémonie, le fait est hautement symbolique parce qu’il matérialise la nouvelle vision gouvernementale d’accompagnement de la jeunesse. Il a dit sa satisfaction pour la clairvoyance du CMPJ désormais une sorte de guichet unique d’accompagnement de la jeunesse en synergie avec les partenaires publics et privés.
Concernant les 100 PME, le directeur général de l’APME, Jean Marie Louis Badga, a expliqué qu’elles allaient intégrer des programmes, notamment celui de la modernisation des entreprises dans les TIC afin de se mouvoir dans le monde numérique, être présent sur le marché et sur la toile. Il y a également des formations sur le plan notamment de l’accompagnement technique, de l’amélioration de la production, de la qualité. Egalement le programme de  diagnostic ainsi que de la restructuration. « Nous avons tous les instruments pouvant permettre à nos Pme d’être compétitives sur le marché », ajoute-t-il.
Pour ce qui est des jeunes ayant reçu des kits et chèques d’installation, ils sont 50 porteurs de projets dans le domaine numérique. Sélectionnés et formés dans le cadre du programme (CMPJ-CoPME-Incubator », fruit de la convention qui lie depuis juillet 2013, le Minjec au Centre de gestion agrée. « Ces dons traduisent non seulement la réussite de la démarche d’insertion socioéconomique de ces jeunes eux-mêmes, mais aussi celle de la réforme des CMPJ  telle que voulue par le gouvernement », a conclu  le ministre.

(c) Cameroon Tribune – Josy MAUGER | 24-06-2017